Nous ne le savons pas encore mais une ligne parfaitement droite de centaines de kilometres nous attend. Aujourd'hui ca va taper, lunette de soleil, chapeau et creme protectrice s’imposent.

Nous pensions longer une énorme salar mais la route 60 la borde de loin, on ne voit rien. A l’issu d’une cote, nous nous engageons en sa direction a travers une piste de sable avec pour seul sentinel un panneau: “NO PASAR” .

Nous n’avons pas envie d’attendre Uyuni pour rouler sur cette surface blanche. On y va. Nous debouchons dans une carriere de sel oú des hommes s’affairent, on passe discret. Le prochain village est peut-etre plus facile a atteindre par cette voie? Or nous n’avons plus qu’une gourde d’eau et rien ne nous certifie qu’on ne sera pas bloqués plus loin par la vase. On fait quelques photos et les employes arrivent. Il faut faire demi-tour.

Lignes droites abrutissantes, on se traine a 15km/h dans les montées, on voit en face arriver les camions pendant ¼ d´heure. D’abord petits points suspendus dans l’air (la chaleur efface la route et ce qu’il y a autour), on percoit un mouvement et soudain, klaxon, bruit d’avion de chasse en post-combustion , on rentre la tete , se cramponne au guidon , une baffe d’air chaud nous fait vaciller et coupe notre inertie.