Au réveil, c'est chouette, on part sur la route 40, déserte, les premiers rayons font ressortir les aspérités du relief. L'air est doux et nous savons l'étape courte alors nous décidons de profiter de cette belle vallée. La traversée de pueblos nous réjoui, c'est vert, vivant et les habitants sont très gentils.


A un moment, un drôle de convoi au milieu de nulle part se dirige vers nous, Alain pense voir une chaise roulante ! C'est la fameuse famille de français qui voyage, tout le monde nous en parle. Un tandem avec maman et la grande fille (qui passe en 4eme), le petit frère avec son propre vélo et sacoches, et le dernier, tiré dans une charrette par papa !

Ils sont parti de Lima et vont jusqu'à Bariloche, en Patagonie. Nous avons du mal à imaginer de quelle manière ils ont pu vaincre les Andes avec des passages à plus de 4000m ! Une sacoche est réservée aux affaires scolaires ; dans la charrette, le petit Mathieu dessine sur ses jambes et joue avec son camion de pompier… ils ont l'air heureux ! Comme quoi, même avec un foyer, des enfants et un travail, il est possible d'aller au bout de ses rêves les plus fous, même s'ils semblent impossible à réaliser. Nous sommes impressionnés.
Leur site : http://pedalonsverslhorizon.free.fr/

Ému, nous reprenons le route 40 vers Cafayate et traversons le vignoble le plus haut du monde (une petite pensée pour nos lecteurs d'Epernay !). On y produit les vins Parteros, artisanaux. Vous pouvez visiter les caves et déguster quelques crus (dans les « bodegas »).

La ville est sympa mais un peu touristique, nous n'y resterons pas longtemps.Tenir en place est difficile si près de la Quebrada, cet énorme canyon qui conduit à Salta, miracle géologique résultant de l'activité de la tectonique des plaques.

Petit repos sur la place (aux heures chaudes) et le départ est lancé : « GO GO GO ! »

On est parti ! Ha mince, on avait pas prévu ça. Nous pensions dormir dedans… elle nous rejette. Au fur-et-à mesure qu'on s'en approche son haleine chaude et arride forcie et les rafales nous scotchent en suspension sur le bitume, quelle lutte ! Jamais vu un vent pareil ! On alterne la tête de la caravane pour se reposer à tour de rôle. La lumière faibli, Antoine a une crampe au mollet ; Alain passe devant.

Dans une descente, nous trouvons , à l'abri du vent, un emplacement pour un éventuel campement. Vu la côte devant et notre manque de force on s'arréte là.

La tente est rebelle avec ce vent ! Le campement s'organise en général comme ça : on se change puis on se débat avec une tente toute excitée de sortir du sac. La bête, une fois maitrisée est aménagée (duvets, matelas, coussins, etc); cuisine pour Antoine et feu pour Alain. Il excel dans cet art. Enfin, bouffe, pipi, dodo ! Ce soir là nous ne résistons pas à l'envie de gouter ce fameux vin rouge. Ok, Ça se boit mais c'est pas le top. Vive le Bordeaux !

Au moment des pattes, le réchaud s'éteint bizarrement juste avant qu'elles soient « Al dente ». « Mince, le fuel ! C'est vide ! ». Le vent envoie des braises qui raillent la voie lactée, le pleine Lune renvoie notre ombre sur le sol, le feu meurt… « On pisse sur les braises et on se piaute ? »