Le vent nous a bien calmé la veille. Pour ne pas le subir une nouvelle fois nous nous réveillons à 06h00 et partons le ventre vide, pensant manger nos céréales avant l'invasion touristique dans « el amphitheatro », la star du lieu, à 30km. On a de l'avance, on est motivé, première montée à fond mais encore une fois, la quebrada nous rejette : Antoine crève ! Epine de 5cm plantée dans le pneu. Ils se dit « si je la retire et que ça fait pshiiiiiit c'est un peu embetant, sinon, on est chanceux » Il la retire : PSHIIIIIIIIIT ! Bon, un peu de mécanique s'impose !

En ¼ d'heure tout rentre dans l'ordre et la descente qui suit nous projette dans un monde de canyons rouge saumon, rouge sang…

La Lerma, petite rivière, passe au milieu, bordée d'une écharpe verte de verdure. Il y a des millions d'années, cet endroit incroyable était le fond d'un Océan à la surface duquel le climat se rapprochait des Bahamas. Il faut s'imaginer cheminer dans des fonds sous-marins. Tiens, c'est pas Bob l'éponge là-bas?

Dans un paysage aussi saisissant, nous regrettons de ne pas pouvoir partager ce moment avec nos proches; dur de décrire l'émotion à cet instant, on vous laisse imaginer.


Plusieurs formations géologiques se succèdent : l'Obelisque, les Châteaux, les Fenetres… C'est époustoufflant, jamais rien vu de tel.

La route sinue le long de ces bizarreries jusqu'á l'Amphitheatre, caverne ouverte qui resitue à 80% l'acoustique d'une salle de concert. Des musiciens sont là pour jouer aux touristes un peu de folklore. Comme il y a peu de monde, Antoine et le joueur de Queña improvisent un beuf.

Ce dernier est un trés bon musicien et maitrise aussi bien son instrument que la voix et la guitare. Nous lui parlons de notre projet; il faudrait rester toute la journée pour espérer composer avec lui, entre deux vagues de touristes…Dommage. Il nous faut continuer et arriver avant la nuit à La Viña, dans 60Km (à court de fuel pour manger !).

En sortant nous rencontrons une équipe de 10 cyclistes belges qui font un circuit en vélo de course. 140km par jours, restaurants et hotels, pas de chargement et… les femmes qui font les voitures balai à bord de deux camionettes! (elle font peut-être les massages aussi?!)

Dans l'après-midi nous passons une étape importante, le passage de nos 1000 bornes, qu'est-ce que c'est passé vite ! Ce soir, on fête ça à la Quilmes, notre bière fétish!

C'est cette image qui nous fera tenir jusqu'à La Viña : les derniers Km sont durs. Plus d'eau, le vent s'est levé et nous assèche la gorge. Notre langue colle à nos dents, on a l'impression de baver comme des renards enragés… Vous nous pensez courageux, hé ben non ! C'est dans l'image d'une bière bien fraîche que nous puisons notre motivation ! (à prendre au second degré !)

Encore une journée bien remplie ! On en a pris plein la vue et les jambes… « A nos 1000 bornes ! ¡Salud amigo !» « Gzouar, en albanais !»