Dernier jour de vélo avant un repos bien mérité de trois jours ! Ça motive. D'une traite nous parcourons les 90 Kilomètres qui nous séparent du but en 4 heures et 22 minutes.

La périphérie nous fait quelques frayeurs : échangeurs, autoroutes, trafic dense avec « collectivos »(bus) qui nous frôlent. Nous nous affalons sur un banc de la place centrale...avant de sombrer dans une léthargie profonde. Nous nous motivons à trouver l'auberge de jeunesse.

La soirée s'y annonce sympa : asado ce soir ! C'est un gros barbecue avec viande à volonté. Ça nous allèche considérablement après une semaine de riz ou de pâtes (variantes parmesan ou thon). C'est aussi la veille des élections où les argentins éliront Cristina Kirchner !

Assez spécial. L'argentin qui ne vote pas paye 0.75 Pesos. 24h avant et jusqu'aux résultats : l'alcool, la fête et les discussions politiques sont prohibées.

Pendant l'asado, on nous stoppe en pleine performance guitaristique ! On est furax.

Nous avons du mal à quitter notre chambre où il fait bon lire, écrire, écouter et jouer de la musique. Notre nomadisme nous a rendu boulimiquement sédentaire! Nous en profitons pour rédiger le blog, classer nos photos, préparer la suite : passage des Andes et Altiplano bolivien...on se le fait ou pas ?! Surprise…

A la terrasse d'un boui-boui, nous assistons à un joli spectacle : des gens de la campagne profonde arrivent tout endimanchés pour voter. Leurs « voitures » sont de gros vans Ford des 50's, vraies épaves roulantes bouffées par la rouille. On ne s'ennuie pas. Toute une après-midi nous végétons, scotchés devant des DVD… Quel vie palpitante, mais impossible de décoller, c'est tellement bon.

Nous quittons Salta pour Jujuy, à 100Km plus au nord, emprunt d'un sentiment de culpabilité. Nous n'avons pas visité la ville ni recherché de musiciens.

Il faut que nous trouvions une solution. Dur de mener trois projets en même temps. Le blog nous prend plusieurs demi-journées de travail (traitement des photos, récits, compression des vidéos, gestion du site Internet...) et lorsque nous arrivons en Ville nous avons un grand besoin de dormir et de confort. Faut-il rallonger nos étapes pour avoir suffisamment de temps pour prospecter, répéter et enregistrer? Le tout en gérant avec 7.14 euros par jours (la ville nous coûte forcément plus cher) et 7 mois... Peut-être devrions-nous essayer de contacter les villes avant d'y arriver? Nous allons surmonter ce défi. PROMIS!

Nous repartons donc avec un petit coup de blues, comme à chaque fois qu'on quitte un endroit "confortable" et des gens qu'on a appréciés. Le moral revient vite en croisant un couple de français cyclos! Ils arrivent de Quito et vont à Ushuaïa. ( http://mitchetnini.canalblog.com/ ) Super sympa.

Nous continuons sur une de nos plus belle route. Pas de circulation, tout en corniche à travers une végétation digne du Costa-Rica, de la descente, des lacs... On est trop content!


Encore deux silhouettes familières qui s'approchent, Nicolas et Christophe, deux jeunes du même âge que nous, français.

Ces enfoirés s'offrent un tour du monde! Ils sont partis de Lima et se trimballent avec un nain de jardin pour les photos. Nous les quittons après les avoir rassuré sur la suite du parcours: grosses montées qui font bien suer! Ils se vengent en nous racontant ce qui nous attend... Haï, ça fait mal! Pour les suivre: http://www.roueslibres.org/

Nous arrivons en soirée à Jujuy, après 100 kilomètres et avoir ingéré à notre insu quelques moustiques dans la descente finale. Dernière grande ville d'Argentine, dernière grande ville avant Uyuni, en Bolivie, dans un mois...

Dans le prochain épisode, la traversée des Andes. Comment les cyclo-ménestrels feront-ils pour passer des passes à 4820m? Avec des températures avoisinant, de nuit, les -20 degrés? Pour le savoir il faudra patienter une dizaine de jours...