Woaw, le panorama! On en a le souffle coupé ! En arrivant tard, tout était caché sous un manteau de nuit (c’est beau). Le Soleil matinal fait maintenant ressortir tous les détails du relief : des cônes volcaniques et des cratères s’étalent à perte de vue et coiffent un bourrelet; ce sont les Andes ! Le Licancabur semble veiller sur la ville du haut de ses 5950m. Il est comme soudé au sol par des coulées de lave sombre fossilisées, rien à voir avec les Alpes où s’enchevêtrent aiguilles et arrêtes enneigées à une altitude de 3000m en moyenne.

San Pedro : petite ville où poussent les maisons en Adobe. Il y a un fort potentiel touristique et les agences ont flairé le filon : en quelques années la ville s’est agrandie et embellie tout en gardant son charme. Il y a beaucoup de restaurants et de bars « tendance » assez sympa. Nous regrettons les prix; aussi cher qu’en France ! Au fil des jours nous nous faisons quelques amis et devenons connu pour suivre « la ruta del Che ». Cela nous offre quelques réductions…

Une envie de se faire balader en 4*4 le temps d’une excursion nous prend. Départ à 4h00 du mat demain pour les Geysers del Tatio ! Pendant toute l’après-midi qui précède, Alain est prit de coliques aigues et est vidé de ses forces. Toute la nuit c’est au tour d’Antoine. En montant vers les Geysers il prend son mal en patience la 1ère heure de piste (très mauvaise !) puis « rend » tout dans un providentiel sac plastique qui passait par là. Au bout de 2h de route nous arrivons sur les lieux, à 4300m dans une cuvette où de grandes fumerolles montent au ciel. L’eau bout à 85C, ça crépite et crache de partout ! Les premiers rayons mitraillent ces colonnes de vapeur; on se croirait dans le cosmos, de la vraie science fiction !

Les Geysers El Tatio

Lorsqu’il fait plus chaud nous essayons la « piscina », source géothermique qui avoisine les 30C; dur d’en sortir avec cette température extérieure (-5C)! On ne peut s’empêcher de crier comme dans la cage aux folles.

La piste nous fait ensuite traverser les saisons : neige, cours d’eau fleuris, lamas en pâture, cactus…

Une lagune

On croise même des « Suri » (appelées « nandu » dans le sud du chili), ces autruches des Andes qui courent à 80km/h, de vrais bip-bip le coyote. Dommage qu’Antoine soit dans un demi-coma !

Au retour nous dormons presque 16h d’affilé, ce $#´&# de chorizo avarié nous a épuisé.

Grâce aux nombreux centres Internet nous rédigeons notre blog et étudions la suite : Sud Lipez ou non ? Cette partie tant redoutée du sud Bolivien : pistes de sable, roches et tôle ondulée, vent d’altitude, froid, des passes à 5000m… et le pire, aucun point de réapprovisionnement sur 400Km ! C’est possible mais, une vrai galère. En pleine recherche tout se met à bouger « j’ai bu ou quoi ? », comme sur un bateau. Tous le monde sort dehors : un séisme !! On est trop content ! Ça a bien duré 1 minute. On apprendra plus tard que l’épicentre se situait à Tocopillo, plus au nord et que la secousse atteignait les 7.7 sur l’échelle de Richter.

Un soir nous partons pour la Vallée de la Lune (où Yannick Noah a fait un clip, la classe) avec les vélos à nu c’est une délivrance ! On s’envole !

la Vallée de la Lune

Après une petite côte on se retrouve au milieu de formations calcaires très étranges qui évoquent l’image qu’on pourrait se faire de la Lune.

La Vallée de la Lune

Au pied d’une grande dune nous parkons les bêtes et escaladons un « mirador ». Face à nous, le Licancabur se fait doucement grignoter par l’ombre du crépuscule et passe de l’orange au rouge puis, vire au violet… Pour cette occasion nous avons acheté une bonne bouteille de vin rouge chilien que nous débouchons à la vue des touristes. Bizarrement, les français nous démasquent tout de suite ! Certains nous conseillent même les bienfaits du saucisson…

La Vallée de la Lune

La nuit tombée nous allumons les frontales et, c’est parti, à fond la caisse dans le petit chemin ! On cri de joie… jusqu’à ce que Alain roule sur une langue de sable bien meuble et se vautre lamentablement ! Quand Antoine le relève (après l’avoir évité) Alain rigole encore en mangeant du sable. La suite se fait sans frontale, avec pour sextant un ciel étoilé rayé de la voie lactée, seuls dans le désert.

Le Licancabur nous attire, nous aimerions le monter. Il est temps de quitter San Pedro pour quelques jours et s’essayer au Sud Lipez: Bolivie, nous voila !