Coca est située dans l’extrême Est de l'’Equateur, dans l’Amazonie. Une route la relie au reste du pays, contrairement à Iquitos et tous les villages que nous traversons depuis plus d’un mois. C’est un autre monde. Pickups démesurés aux standards américains, prix affichés en dollars, magasins divers et variés... Mais on ne s’y sent pas en sécurité, les rues sont bien craignos. Notre premier vrai lit et une douche, ça fait 9 jour. Il y a même une TV! Nous apprenons aux infos l’attaque de l'’armée colombienne contre un camp d’entraînement des FARCS.

FUNAMBULES DE L´EQUATEUR: DE COCA À QUITO

Incident diplomatique grave puisqu’il intervient sur le sol Equatorien, à seulement quelques kilomètres au Nord de Coca. La frontière est fermée, les militaires prêts à riposter.

FUNAMBULES DE L´EQUATEUR: DE COCA À QUITO

Laetitia, la copine d’Alain, vient nous rejoindre à Quito. Il faut quasiment une semaine pour y aller en vélo. Nous allons la rater. Seule solution, la télé transportation ou le bus… Avec cette longue attente, coincés à Iquitos, nous ne sommes plus dans les temps.
Secrètement, ça nous arrange: du niveau de la mer, il faudrait grimper la barrière des Andes jusqu’à un col à 4200mètres d’altitude.

Nous arrivons dans la capitale vers 22h, une énorme mégalopole. Il pleut, 10ºC, nous sommes encore en short, T-shirt et claquettes. Autant vous dire qu’on se gèle les miches. C’est un temps digne de l’Angleterre.

FUNAMBULES DE L´EQUATEUR: DE COCA À QUITO

Une adresse d’Hôtel récupérée au hasard et c’est parti. La transition est dure en vélo: à 2800m d’altitude on souffle comme des taureaux en ruts.
Une inquiétude s’avère: nous débouchons sur un périphérique sans bande d’arrêt d’urgence. Le pire moment: le passage d’un long tunnel en quatre voies genre A1 direction Lille après la Porte de la Chapelle. Interminable; et en plus ça monte! Les bus nous frôlent dans un grondement amplifié par ce trou à rat. On accélère le rythme. Pour en sortir, la pente augmente et nous devons descendre pour pousser les vélos, à bout de force.
Dans la descente suivante, une des sacoches avant d’Alain vole par terre, en plein milieu de la route. Antoine a juste le temps de freiner, laisser son vélo dans le bas-côté, courir un sprint et la récupérer en se jettant dans le fossé. Une seconde de plus et un camion la ratatinait.

L’auberge de jeunesse se trouve dans un quartier très « gringos » tout le monde parle anglais. Finalement, nous y coulerons des jours heureux! Salle TV avec câble (donc TV5, la chaîne francophone), petit déjeuner inclus et surtout, 3 fois/semaine, 12litres gratuits de rhum-coca. C’est tous les soirs concert improvisé dans la petite salle de réunion. Quito est le passage obligé pour les globe-trotters, une plaque tournante. Les uns attendent leur vol pour les Galápagos, d’autres, pour l’Amérique centrale, le Pérou...
Nous profitons de cette semaine tranquille pour aller à l’ambassade cubaine et planifier la suite du parcours: la côte Pacifique, du Panama au Nicaragua.

FUNAMBULES DE L´EQUATEUR: DE COCA À QUITO

En se baladant nous tombons sur les locaux de l’orchestre symphonique de Quito et allons nous renseigner sur le programme. Ils jouent le lendemain, nous obtenons des invitations gratuites. Le théâtre Bolivar a été récemment brûlé à 70% et le fond de la salle est encore en restauration sous un toit de tôles. Dommage, ça perd énormément en acoustique. Pendant le concerto pour piano de Beethoven, une pluie diluvienne s’abat sur le toit. Le bruit du fracas contre ce toit de fortune couvre tout l’orchestre…

Nous ne pouvons passer à Quito et faire l’impasse sur un monument qui symbolise le passage de la ligne d’Equateur, 50 km plus au Nord. «La mitad del mundo».

FUNAMBULES DE L´EQUATEUR: DE COCA À QUITO

Rien d’extraordinaire mais nous sommes touchés de constater le chemin parcouru depuis Buenos Aires. Nous passons désormais dans l’'hémisphère Nord…

Notre vol pour Panama City part le lendemain. Nous écumons tous les magasins de vélos possible et trouvons deux grands cartons, pour le transport en soute.
Le jour J, nous roulons tout excités entre les files de voitures qui bouchonnent à la sortie de la ville. Un 737-700 de Copa Airlines nous rase alors que nous passons le bout de piste.
Ensuite, tout va très vite. Laetitia nous attend avec les cartons (qu’elle a colporté dans un bus collectifs, merci d’avoir accepter cette mission!) et nous filons aux comptoirs d’embarquement pour tout démonter. 30minutes pour cette tâche, c’est peu! La tension monte!
Laetitia rentre sur Cusco une heure après le départ de notre vol, son aide nous est précieuse. La taxe d’aéroport et le prix des bagages hors-gabarits (vélo) nous donne des boutons, nous nous attendions pas à autant…

Ultime check list sur le seuil de piste. Le pilote pousse la manette des gazs; la poussée nous enfonce dans notre siège. L’avion s’élève et traverse la couche nuageuse, vers le Soleil et le ciel bleu. Voila, l’'Amérique du Sud et derrière nous, tant de souvenirs… Les grands winglets des bouts d’aile du 737-700 se perdent dans un nuage égaré. Nous survolons maintenant le Pacifique, d’un bleu profond et pensons à la suite de notre parcours, l’Amérique centrale! Panama, Costa Rica, Nicaragua, Honduras, Guatemala, Belize, Méxique…